Le gouvernement annonce l’assouplissement des conditions pour bénéficier des aides dédiées à la prévention des sinistres liés au retrait-gonflement des argiles. D’abord expérimentales, ces mesures vont donc être accessibles de façon plus large et avec des critères revus pour toucher le plus grand nombre de propriétaires.
Publié le 28 juillet 2026 par Estelle Guiton
Un dispositif d’aide expérimental étendu
Prévenir avant de réparer. C’est désormais tout l’enjeu des interventions à mener face au phénomène de retrait-gonflement des argiles sur les constructions. Pour cela, le gouvernement a mis en place en septembre 2025 une action test : permettre à des propriétaires particuliers dont les premières fissures sont apparues sur leur construction de bénéficier d’aides spécifiques pour agir avant de plus gros dégâts.
Cette expérimentation a concerné 11 départements : l’Allier, les Alpes-de-Haute-Provence, la Dordogne, le Gers, l’Indre, le Lot-et-Garonne, la Meurthe-et-Moselle, le Nord, le Puy-de-Dôme, le Tarn et le Tarn-et-Garonne. Au total, 2 000 foyers ont réalisé une simulation d’éligibilité à l’aide dédiée au financement des travaux de prévention. Après expertise, 218 dossiers déposés ont pu profiter du dispositif.
Un élargissement et une simplification de la demande
En retour à cette expérimentation, le gouvernement a décidé de simplifier le dispositif. L’objectif est d’accélérer les procédures, en même temps que l’ouverture de ces aides à un plus grand nombre de foyers. En effet, l’expérience visait à l’origine plus de dossiers et donc plus de cas détectés pour bénéficier de l’aide.
Afin de faire profiter un plus grand nombre d’habitats de ce nouveau dispositif, les critères sont donc revus. Ainsi, ils concernent désormais les bâtiments jusqu’à trois niveaux et non plus deux. Autre point lors de la phase d’étude du dossier, le critère lié à la taille des fissures est supprimé. Il est également assoupli lors de la phase travaux.
Enfin, les modifications touchent les experts habilités à examiner les dossiers. Les critères de sélection ont là encore été élargis pour permettre à plus de professionnels d’assurer cette fonction.
Une urgence à agir pour réduire le coût des travaux
Selon Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, les estimatifs parlent de plus de 4 millions de maisons se situant dans une zone d’exposition forte au retrait-gonflement des argiles en raison de la nature des sols sur lesquels elles sont implantées et en lien avec les épisodes de chaleur. Un autre chiffre parle de lui-même : plus de la moitié des sinistres déclarés en catastrophe naturelle entre 2020 et 2024 étaient imputables à ce phénomène naturel.
Autant dire que l’action en prévention permettrait d’identifier les biens nécessitant une intervention rapide. Ils garantiraient des travaux moins conséquents et désormais largement maîtrisés. Reste dorénavant à convaincre les propriétaires d’actionner le dispositif pour vérifier leur droit aux nouvelles aides.