Le Parlement européen a adopté le 10 mars 2026 une résolution reconnaissant la crise du logement et proposant plusieurs mesures pour en sortir. Une première alors que le logement ne fait à l’origine pas partie des prérogatives de cette institution européenne.
Publié le 21 avril 2026 par Estelle Guiton
L’accessibilité au logement en question en Europe
L’accessibilité au logement dans les pays européens a évolué ces dernières années. Si pendant longtemps c’est le manque de constructions qui a été mis en avant, désormais, c’est bien la question financière qui est au centre des difficultés, touchant même les classes moyennes. C’est dans ce contexte que le Parlement européen a voté le 10 mars 2026 une résolution instaurant les bases du plan anti-crise. Sans créer de nouvelles obligations juridiques, elle fixe des orientations majeures pour la politique européenne. Cette prise de décision est d’ailleurs unique, le logement étant en principe une compétence des États membres.
Dans le texte, le Parlement souhaite une mobilisation des leviers européens pour soutenir la production de logements à la fois décents, durables et abordables financièrement. En cela, il est mis en avant la nécessité de mieux coordonner les financements européens, de simplifier les règles et de soutenir les collectivités locales considérées comme des acteurs clés dans la construction de nouveaux habitats.
Plusieurs leviers pour débloquer le secteur du logement
L’un des premiers points concerne la simplification pour réduire le délai de délivrance des permis de construire. Le plan prévoit notamment de l’abaisser à 60 jours pour un projet résidentiel. Cela passerait par une numérisation systématique des procédures, la mise en place de guichets uniques et l’allègement des procédures d’instruction des dossiers.
L’autre levier touche la mise à disposition de fonciers avec un impératif : limiter l’artificialisation des sols. Pour cela, le texte met en avant la nécessité de mieux maîtriser la densité urbaine. La solution serait de mobiliser les terrains publics, en exploitant de façon réfléchie les espaces urbains sous-utilisés et en accélérant la reconversion des friches industrielles.
La rénovation énergétique au cœur des projets
La progression du coût des matériaux de construction est aussi prise en compte. Cette donnée a pris une nouvelle ampleur en 2026 avec les événements géopolitiques et alors que s’amorçait une baisse sensible après la hausse liée à la guerre en Ukraine. Pour y remédier, la fabrication sur le sol européen est à privilégier. Elle doit intégrer le développement de la préfabrication et de la construction hors site, toujours dans un même souci d’économie.
Enfin, la question de la rénovation énergétique est aussi prise en compte. Selon les études publiées, ce serait 75 % du parc immobilier européen qui apparaîtrait comme peu performant sur le plan énergétique. La création de nouveaux mécanismes de financement dédiés au logement pourrait alors permettre à plus de ménages d’améliorer leur foyer. Cela va aussi de pair avec d’autres idées comme la révision de la fiscalité sur les logements, la remise sur le marché de logements vacants par des mesures incitatives ou le développement d’une offre de logements étudiants à prix abordable.