À la suite du rapport d’évaluation publié en juillet 2025, le gouvernement s’apprête à réaliser les premiers ajustements concernant la RE2020. L’objectif est d’alléger les obligations pour éviter de freiner les constructions. 23 propositions allant dans ce sens ont été débattues par les professionnels du secteur entre août et septembre 2025.
Publié le 12 mars 2026 par Estelle Guiton
RE2020 : un ajustement pour éviter le blocage des projets
Les professionnels l’ont réclamé haut et fort, ils ont cette fois été entendus. Plusieurs ajustements de la RE2020 sont en effet prévus dès ce mois de mars afin de s’adapter à la réalité du terrain. Cette modification fait suite à la publication en juillet 2025 du rapport d’évaluation demandé par le gouvernement.
Celui-ci avait alors conclu que si la RE2020 avait été un moteur dans l’évolution technologique, elle intégrait aussi des freins à la production de logements. À la suite de ce constat, les professionnels du BTP ont été invités à débattre autour de 23 propositions notées dans le rapport. Pour cela, ils ont participé à une phase de concertation organisée entre août et septembre 2025. Plusieurs mesures en sont ressorties, qui devraient amener différents aménagements.
Un premier décret attendu en mars 2026 pour modifier différentes règles
Une première série de mesures devrait être validée en mars 2026. Elle sera suivie d’une deuxième vague d’ajustements au cours du premier semestre 2026. La consultation obligatoire préalable à la publication des nouvelles mesures a été lancée. L’objectif de ce premier pack sera de concilier l’exigence environnementale avec la faisabilité des projets.
Les principaux changements devraient porter sur la révision des éléments pris en compte dans le calcul carbone. Cela concernera les balcons, les loggias, mais aussi les grandes hauteurs sous plafond. Les immeubles de grande hauteur connaîtront également des adaptations spécifiques. Les nouvelles dispositions devraient notamment tenir compte des contraintes liées à la sécurité incendie.
Le confort d’été pris en compte
Pour les projets de surélévation, hors maisons individuelles, les seuils réglementaires seront adaptés quand l’extension présentera une surface inférieure à 30 % de la superficie existante. L’indicateur de confort d’été sera également revu pour prendre en compte les épisodes de canicule qui se généralisent année après année. Dans le même sens, les climatisations collectives ne seront plus pénalisées lorsqu’elles seront jugées nécessaires dans des bâtiments reliés à un réseau de chaleur urbain.
À l’origine, la RE2020 prévoyait une révision de sa réglementation à trois périodes : 2025, 2028 et 2031 pour entériner un abaissement graduel des seuils carbone. L’objectif initial était une adaptation progressive des professionnels à des normes plus contraignantes pour atteindre une plus grande sobriété énergétique des logements. C’est finalement la réalité du terrain qui aura eu raison de la volonté initiale. Un compromis tant pour les professionnels que pour les particuliers, mêlant maîtrise des coûts et confort d’usage.