Les opérations de rénovation des installations de chauffage dans les logements sociaux évoluent peu à peu au profit des réseaux de chaleur. Cela devrait permettre progressivement d’éliminer les équipements au gaz ou au fioul dans ces habitats.
Publié le 29 janvier 2026 par Estelle Guiton
Le gaz encore historiquement présent dans les logements sociaux
L’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) a publié le 2 décembre 2025 son rapport concernant les sources d’énergie présentes dans les logements sociaux, établi à partir des données de l’enquête TRELO réalisée en 2023. Celui-ci met en avant la domination des équipements au gaz. Un constat sans surprise.
En effet, le gaz reste l’énergie historiquement priorisée dans ces habitats. Il est encore présent dans 55 % des logements sociaux. Le taux élevé comparé au parc d’habitations privé (seulement 32 %) s’explique avant tout par la nature même des constructions, composées à 85 % d’appartements. Un état qui rend notamment plus difficile l’installation de pompes à chaleur, souvent privilégiée dans les opérations de rénovation.
Le fioul a, lui, quasiment disparu, représentant désormais moins de 1 % des installations présentes dans les logements sociaux en 2023. Une bonne nouvelle qui devrait permettre leur suppression totale d’ici 2027 selon les chiffres avancés. En cela, les bailleurs se conforment à la stratégie nationale bas carbone (SNBC) de l’État prévoyant la disparition des chaudières au fioul d’ici 2030.
Des rénovations en cours pour changer les installations
Cette mutation passe par la rénovation énergétique des logements. Entre 2018 et 2023, les bailleurs sociaux indiquent avoir effectué des travaux adaptés dans 100 000 logements par an. Cela équivaut à 2 % du parc social. Un chiffre intéressant donc, mais qui souvent se limite à changer les équipements pour un système similaire, sans évolution de la source d’énergie. Concrètement, ce sont 3,2 % des installations qui sont modifiées. Cela donne un bilan meilleur concernant l’efficacité énergétique, sans influer sur la décarbonation des équipements.
Ce schéma évolue toutefois avec, selon les prévisions, une augmentation du nombre de logements rénovés pour passer à 200 000 par an, dont 44 % intègreraient un changement de source d’énergie.
Les réseaux de chaleur privilégiés
Cette intensification des travaux devrait permettre aux bailleurs sociaux de s’approcher des objectifs visant à sortir du gaz avant 2030. Pour cela, ils continuent de se tourner le plus souvent vers les réseaux de chaleur. La solution est parfaitement adaptée à l’alimentation en chauffage des logements collectifs. À ce jour, ils constituent 20 % des modes de chauffage en place dans les habitats sociaux alors qu’ils ne représentent que 5 % des équipements du parc locatif privé.
Dans le même temps, les poses de pompes à chaleur restent à des niveaux bien inférieurs, même si elles composent la deuxième technique choisie par les bailleurs publics pour sortir du gaz. Elles représentent actuellement seulement 3 % des équipements en place dans ces logements.