Après les effets de la guerre au Moyen-Orient sur le coût des énergies, le gouvernement décide d’accélérer l’électrification du pays pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. En ce sens, le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures, dont certaines concernent directement le BTP.
Publié le 7 mai 2026 par Estelle Guiton
La fin annoncée des chaudières au gaz
C’est l’un des effets de la guerre entre l’Iran et les États-Unis : la France sortira plus vite que prévu de sa dépendance aux énergies fossiles. C’est du moins la volonté du gouvernement de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre a annoncé, dès le 10 avril 2026, plusieurs mesures confirmées dans le plan présenté le 22 avril. L’idée est de passer d’une part des énergies fossiles dans la consommation de 60 % en 2023 à 40 % en 2030, et moins de 30 % en 2035. À l’inverse, la part d’électricité devra passer de 27 % à ce jour à 38 % en 2035, et plus de 50 % en 2050.
Ainsi, ce plan s’inscrit dans le prolongement de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) présentée au 1er trimestre 2026.
L’une des premières actions concerne l’abandon des chaudières au gaz. Déjà interdites dans les constructions de maisons individuelles, leur fin est aussi annoncée dans les logements collectifs neufs et les bâtiments tertiaires, dès le 1er janvier 2027. Un plan à court terme donc, qui va imposer aux professionnels de rapidement changer leur stratégie en matière de chauffage et de production d’eau chaude.
La mise en avant des pompes à chaleur
Pour opérer cette transition, l’équipement privilégié va définitivement devenir la pompe à chaleur. Le chiffre d’1 million de PAC installées en France d’ici 2030 a notamment été réaffirmé. Cette transformation devrait aussi mettre en avant les chauffe-eau électriques, y compris les versions thermodynamiques, et les radiateurs électriques.
Ces choix, s’ils sont adaptés aux logements individuels, conviendront moins aux bâtiments collectifs. Cela impliquerait que 2 millions d’appartements abandonnent les équipements au gaz d’ici 2050. Pour ces bâtis, les principales solutions consisteront à se raccorder à des réseaux de chaleur urbains lorsqu’ils sont disponibles, ou à opter pour des pompes à chaleur collectives.
L’état du parc français en matière de chauffage et production d’eau chaude
Pour les habitats limités par les solutions existantes, la réponse pourrait venir de nouveaux équipements. Ceux-ci consistent en des pompes à chaleur de dernière génération conçues pour un positionnement intérieur. Ces modèles prévoient l’installation de l’unité centrale dans le logement, tandis que l’air est capté par deux conduits reliés à l’extérieur. Reste à voir si ces appareils peuvent convaincre.
En 2025, 422 000 chaudières ont été posées, pour 80 % lors de travaux de rénovation. Autre chiffre : en 2020, seuls 22 % des logements neufs étaient chauffés au gaz.
Selon les annonces du Premier ministre, le soutien à l’électrification sera doublé pour répondre aux nouveaux enjeux de sortie rapide de la dépendance aux hydrocarbures. Pour cela, il prévoit le doublement du soutien à l’électrification avec un budget passant de 5,5 milliards à 10 milliards. Pas d’enveloppe financière complémentaire a-t-il toutefois indiqué, mais une redistribution des fonds. La première mesure annoncée concerne d’ailleurs MaPrimeRénov’. Dès le 1er septembre 2026, les rénovations globales qui planifient de conserver le chauffage au gaz à l’issue des travaux ne seront plus subventionnées.