Le Programme des Nations unies pour l’environnement alarme sur une réduction trop lente de l’empreinte carbone dans le BTP au niveau mondial. Le constat est réalisé alors que l’efficacité énergétique est demandée et tandis que le nombre de constructions est en constante progression.
Publié le 30 juin 2026 par Estelle Guiton
L’alerte de l’ONU pour le secteur du BTP
Si les efforts de réduction des émissions de CO2 et d’amélioration énergétique sont devenus la règle en France et plus largement en Europe, qu’en est-il au niveau mondial ? L’ONU y a en partie répondu à la mi-mai 2026, pas forcément dans le bon sens.
En effet, dans son récent rapport, le Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) dresse un bilan peu favorable de la situation mondiale, mettant en avant la réduction trop lente de l’empreinte carbone du secteur du bâtiment alors que cette démarche s’avère un impératif. Pour l’expliquer, il suffit d’un chiffre dévoilé dans le rapport : le monde construit chaque jour près de 12,7 millions de m² de surface de plancher. Dans le même temps, le domaine de la construction a ralenti ses efforts pour abaisser son impact environnemental.
Des efforts de décarbonation oubliés
Selon Hanane Hafraoui, chargée de mission bâtiment à l’UNEP, « le monde construit vite, mais reste à la traîne face aux exigences climatiques ». Si toute la planète est concernée, la progression des constructions se trouve, elle, principalement dans les régions aux économies émergentes, l’Inde et les pays d’Asie du Sud-Est.
Il y a pourtant urgence : toujours selon l’UNEP, le secteur est responsable de 37 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en combinant les opérations de construction et la période d’usage. À cela s’ajoutent d’autres impacts environnementaux, là encore répertoriés par l’ONU, tels que l’emploi par le BTP de 50 % des matériaux prélevés dans le monde et la consommation de 28 % de l’énergie sur Terre.
L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre
Toujours selon les chiffres publiés, les émissions liées à l’usage des bâtis représenteraient 9,9 milliards de tonnes d’équivalent CO2. Ce chiffre est en hausse sur un an, suivant la tendance de ces dernières années, sans jamais marquer de recul. Le constat est identique concernant la consommation d’énergie pour le chauffage, l’éclairage et la climatisation, ou encore la fabrication des matériaux.
Selon l’ONU, ces données soulignent surtout un ralentissement des efforts en matière de baisse des consommations énergétiques. L’organisme mondial regrette d’ailleurs le non-déploiement des solutions existantes pour endiguer cette évolution et refaire une place à la protection de l’environnement. Cela passera obligatoirement par l’accélération des opérations de rénovation et l’emploi de produits bas carbone pour réduire la consommation au m² d’au moins 10 % d’ici 2030. Un chiffre certainement atteignable, sous la condition d’une volonté globale de tous les acteurs mondiaux.