La filière de la construction métallique met en avant le réemploi de l’acier. La méthode est en effet en cours de développement, en même temps que l’arrivée des règles liées à la RE2020 dans les bâtiments professionnels. Une option à la fois économique et écologique.
Publié le 2 juillet 2026 par Estelle Guiton
Le réemploi de l’acier, solution à privilégier
À l’heure où l’on parle beaucoup de recyclage, la question du réemploi dans le BTP n’est pas à négliger. Elle fait même ses preuves dans plusieurs secteurs, à commencer par celui de la construction métallique. En effet, l’acier se révèle facile à réutiliser, sans la moindre transformation. Afin de développer cette utilisation, la filière s’organise pour aujourd’hui accroître la part de réemploi.
Cet usage est d’autant plus intéressant avec le renforcement confirmé de la RE2020, désormais élargie aux bâtiments tertiaires et industriels. La matière déjà accessible présente en effet un impact carbone quasi nul, tandis que l’acier neuf génère en moyenne 1,67 kg équivalent CO2 par kilo produit.
Son autre avantage est sa disponibilité, restant immédiatement mobilisable. Cette donnée prend tout son sens dans une période mouvementée où l’approvisionnement, comme le coût des matières premières, peuvent apparaître comme autant de points de blocage.
La refonte remplacée par le réemploi
Ce choix vient en appui de la méthode de recyclage déjà connue, tout en envisageant d’accroître sa part de marché sur ce segment. En effet, si la refonte est désormais parfaitement maîtrisée, elle économise la matière mais s’avère énergivore dans sa réalisation et fortement émettrice de carbone.
Le réemploi, lui, implique la déconstruction sélective pour trouver une nouvelle utilisation adaptée aux besoins sur un chantier défini. Ses atouts sont alors pluriels, que ce soit avec la réduction des émissions de CO2 par rapport à la production d’acier, ou la sécurisation des approvisionnements.
La méthode de réemploi désormais maîtrisée
En développant cette technique de réemploi, le secteur de la construction métallique s’est aussi doté d’une organisation efficace. Désormais, la filière s’articule autour d’une plateforme numérique qui centralise l’offre et la demande du secteur.
Cet outil comprend également un réseau toujours plus important de partenaires, d’un laboratoire mobile pour assister les entreprises dans le diagnostic des existants et la requalification des produits. Enfin, les dispositifs en place intègrent l’accompagnement pour le réemploi dans les différents projets. Un cheminement de bout en bout donc qui devrait contribuer à accroître la part de réemploi de l’acier dans les années à venir. L’objectif est d’ailleurs déjà posé : atteindre les 15 % de réemploi pour l’acier recyclé d’ici 2030.
Dernier chiffre : chaque année, près de 650 000 tonnes d’acier sont recyclées, via la refonte ou le réemploi.