Le think tank Équilibre des Énergies propose de réduire le coût de la rénovation énergétique des logements par des mesures simples, détaillées dans sa dernière étude. Le projet se veut moins ambitieux que la volonté du gouvernement, tout en aboutissant au même résultat à l’horizon 2050.
Publié le 26 mai 2026 par Estelle Guiton
Une alternative à la stratégie de rénovation énergétique actuelle
Poursuivre l’effort de rénovation et de sortie des énergies fossiles, tout en adoptant des méthodes différentes pour y parvenir. C’est ce que propose le groupe de réflexion Équilibre des Énergies, présidé par l’ancien ministre Dominique Bussereau. Le think tank envisage ainsi d’atteindre les mêmes objectifs climatiques que le gouvernement, tout en réduisant le coût de plus de 8 milliards d’euros par an.
L’organisme ne prévoit pas de solution miracle dans ces économies, tout en visant la décarbonation des habitats au plus tard en 2050. Tout tiendrait alors dans la trajectoire à suivre, moins ambitieuse au départ, tout en montrant son efficacité à l’arrivée.
Viser un DPE de classe C pour les logements rénovés
L’une des premières orientations concerne le niveau de performance visé. Tandis que les actions de rénovation envisagent principalement d’atteindre le niveau B du DPE pour l’ensemble du parc immobilier d’ici 2050, l’organisme préconise de tendre vers une classe C.
Ce choix aurait pour effet de limiter la dépense. À ce jour, le niveau d’excellence souhaité par l’État impliquerait un investissement de plus de 31 milliards par an tandis qu’il est de seulement 15 milliards à ce jour, sources privées et publiques confondues. Le montant global de ce format revu s’élèverait alors à 575 milliards d’euros d’ici 2050, loin des 790 milliards prévisionnels. Selon Équilibre des Énergies, cela reviendrait à une économie de 7 000 € par logement.
La sortie des énergies fossiles en objectif prioritaire
Pour y parvenir, le think tank propose le remplacement systématique des systèmes à énergie fossile par des systèmes bas-carbone, mais en ciblant différemment les travaux de rénovation. Le principe serait ainsi de se concentrer sur les travaux économiquement pertinents.
La ligne fixée se rapproche d’ailleurs des dernières annonces du gouvernement avec, en priorité, la mise en place de solutions fonctionnant à l’électricité. Cela concerne prioritairement l’abandon du chauffage au gaz, encore présent dans quelque 10 millions de logements en France, par la mise en place de pompes à chaleur. Une démarche que le gouvernement a lui-même promue avec les dernières annonces du Premier ministre en avril 2026 pour contrer la hausse du prix des énergies fossiles en lien avec la guerre en Iran.
Les systèmes gaz seraient alors maintenus seulement dans les lieux où leur remplacement ne serait pas envisageable, économiquement ou techniquement. Cela ne devrait concerner que 2 millions de logements, quand les autres auraient déjà basculé, loin des 42 % d’habitats disposant encore de chaudières à énergie fossile (gaz ou fioul).