La cathédrale d’Angers a inauguré le 9 avril 2026 sa galerie contemporaine, un parvis venant protéger le portail datant du XIIe siècle, avec ses peintures polychromes. La nouvelle extension a été imaginée par l’architecte japonais Kengo Kuma, lauréat du concours en 2020. Celui-ci avait un cahier des charges précis à respecter : réaliser un espace protecteur naturellement ventilé.
Publié le 21 mai 2026 par Estelle Guiton
Une œuvre du XXIe siècle pour protéger huit siècles d’histoire
4,3 millions d’euros d’investissement et un appel d’offres hors norme. Les travaux entrepris sur l’entrée de la cathédrale Saint-Maurice d’Angers se sont achevés par l’inauguration de la nouvelle structure en avril 2026. Les travaux ont été confiés à l’architecte japonais Kengo Kuma à la suite d’un appel d’offres lancé en 2020. Ses critères étaient stricts : proposer un espace protecteur naturellement ventilé et ouvert, avec une préconisation de fermetures pour éviter les intrusions de nuit.
Autre obligation, la structure construite ne devait en aucun cas venir masquer le groupe de sculptures polychromées sur le portail existant. Les ancrages ne devaient pas non plus toucher la cathédrale, afin de préserver l’intégrité du monument. En résumé, la nouvelle construction devait s’avérer autonome, légère et respectueuse de l’environnement. Autant de points respectés par l’édifice nouvellement créé à l’avant des peintures polychromes datant du XIIe siècle, et restaurées en 2019.
Trois arches bétonnées pour créer le lien générationnel
Cette galerie contemporaine posée sur le devant de la cathédrale se présente comme une continuité de la structure d’origine. L’apparence se veut volontairement sobre, composée de trois arches principales ouvertes sur l’avant, et de deux portes latérales. Chaque arche est travaillée de façon symétrique et géométrique, rappelant les formes existantes de la cathédrale sans les reproduire.
L’ensemble est réalisé dans un béton clair qui intègre du sable prélevé dans la Loire, à proximité du chantier. Une façon de relier le passé au présent par les tons et la matière choisis, tout en mettant le patrimoine naturel au centre du projet.
Une apparence moderne intégrée à l’architecture de la cathédrale
Portant à discussion depuis son inauguration en avril 2026, cette galerie contemporaine se veut pourtant dans la continuité de l’architecture globale du bâti. En effet, le bâtiment religieux a été construit à différentes périodes, entre le XIe et le XVIe siècle.
Autre élément intéressant, la cathédrale avait déjà possédé une galerie pour protéger la porte. Celle-ci avait été réalisée au XIIIe siècle, sans qu’il reste de trace documentée de son apparence. Cette fois, la nouvelle version est vouée à rester en place pour conserver la vue sur les sculptures, tout en les préservant durablement. Une sorte de transition entre l’extérieur et l’intérieur pour associer espace urbain et espace sacré. Un lien qui devrait en faire une partie incontournable de l’architecture globale de l’édifice.