L’organisme d’analyse économique Xerfi a étudié les perspectives de développement du secteur du bâtiment à l’horizon 2030. L’occasion de dresser un bilan en lien avec la situation actuelle, entre crise et éventuel rebond.
Publié le 3 septembre 2026 par Estelle Guiton
Une étude complète pour visualiser l’avenir du BTP
C’est une étude qui offre une perspective à moyen terme concernant le secteur du bâtiment. Le spécialiste des études économiques Xerfi a ainsi publié une analyse intitulée « Le marché du bâtiment à l’horizon 2030 : sortie de crise ou simple répit, quelles stratégies de rebond dans un secteur encore sous contrainte ». Elle dresse un bilan de la santé financière du domaine et de ses perspectives de croissance d’ici 2030.
Selon le premier constat fait dans le document, le BTP, par le biais de la construction de logements, devrait amorcer une reprise progressive. Les niveaux attendus restent toutefois inférieurs à ceux connus lors des années d’avant crise.
Une reprise favorisée par le plan de relance logement
L’un des moteurs de cette reprise vient selon l’étude de la mise en place par le gouvernement du plan Relance logement instauré avec le vote du budget 2026 et qui devrait être confirmé dans le projet de loi de finances à l’été. Le plan prévoit en effet la construction de 400 000 logements par an d’ici 2030.
Dans ses projections, Xerfi envisage toutefois davantage une production de 350 000 logements par an, en prenant en compte la conjoncture économique et la situation financière du secteur, encore fragile. La progression attendue est d’ailleurs variable selon le type d’immobilier. Ainsi, toujours selon les estimations de l’organisme, c’est l’activité de la rénovation énergétique qui sera la plus porteuse.
Les évolutions du BTP, dans le détail
Selon Xerfi, le contexte inflationniste attendu pour 2026 et 2027 devrait conduire beaucoup de maîtres d’ouvrage à différer les projets les plus coûteux. La mise en pause et la réduction des aides liées à MaPrimeRénov’ vont avoir le même effet, avec un ralentissement du nombre de projets. Toutefois, un élément pourrait agir positivement : la hausse programmée des subventions proposée dans le cadre du dispositif des CEE (Certificats d’économie d’énergie). L’enveloppe dédiée va passer de 6 milliards d’euros distribués en 2025 à 8 milliards par an entre 2026 et 2030.
En revanche, la situation sera beaucoup plus sensible concernant le tertiaire et la rénovation. L’étude Xerfi met en avant une progression du secteur de la construction tertiaire d’ici 2030, pour atteindre 17,6 millions de m² à cette période. Un chiffre qui reste en deçà de ceux d’avant 2022. De façon plus détaillée, le recul est prévu jusqu’en 2029 avant une croissance de 2 % par an sur les années 2029 et 2030. Sur le secteur, seuls les projets de logistique devraient connaître un regain, principalement avec la réorganisation des chaînes de production. Concernant le marché de la rénovation, il devrait être porté par les gros travaux dont la progression en valeur est attendue entre 1,5 et 2 % en moyenne d’ici 2030. Rien en revanche en matière de volumes.
Enfin, Xerfi promet un relèvement du chiffre d’affaires des entreprises de gros œuvre. Une hausse non pas grâce au volume enregistré, mais lié aux augmentations de prix restées en place après la période inflationniste, alors même que les prix des matériaux ont baissé.