Les professionnels du bâtiment se regroupent autour des matériaux écologiques. Quinze d’entre eux ont créé l’Alliance éco-matériaux pour développer l’usage des matériaux bio et géosourcés dans la construction, dans le cadre de la transition climatique.
Publié le 23 avril 2026 par Estelle Guiton
Les matériaux biosourcés mis en avant pour réduire l’empreinte carbone
La réduction de l’empreinte carbone des bâtiments passe irrémédiablement par une évolution des habitudes de construction, d’autant plus pour atteindre les objectifs définis dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3) publiée fin 2025. Celle-ci intègre une donnée majeure : la baisse des émissions de gaz de 5 % par an d’ici 2030. Cela représente 2 points de plus par rapport à ce qui était déterminé pour la période 2017-2024.
Autant dire que le changement doit se réaliser sans délai. Dans ce but et afin de promouvoir les nouveaux matériaux, 15 organisations professionnelles se sont rassemblées pour créer l’Alliance éco-matériaux. L’objectif est de mettre en avant les solutions biosourcées et géosourcées afin de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le bâti. Le secteur représente encore près de 23 % des émissions en France.
La réduction de l’impact carbone grâce aux matériaux
L’Alliance veut notamment amener de nouvelles habitudes en donnant une plus grande place à ces produits écologiques et renouvelables, que ce soit le chanvre, le bois, la paille ou la terre, entre autres. Leur avantage mis en avant est leur faible niveau de transformation et une fabrication qui demande peu d’énergie. D’autre part, ces solutions sont connues pour émettre peu de carbone et même le stoker.
Cette donnée est majeure dans le calcul de l’impact carbone des chantiers, pouvant entraîner des variations importantes. L’occasion de rendre la construction plus vertueuse, en plus d’une autre donnée également essentielle : son origine souvent locale et donc avec un impact carbone encore moins élevé.
Donner aux matériaux biosourcés des arguments de choix
C’est l’un des arguments que compte utiliser l’Alliance éco-matériaux, tout en soutenant la filière agricole et artisanale. La volonté des 15 est ainsi de structurer et amplifier la dynamique dans l’emploi de ces matières locales, en fournissant un appui à ces secteurs.
Ce n’est pas le seul levier sur lequel elle souhaite agir. Les autres sont plus financiers, avec l’obtention de la reconnaissance pour tous les éco-matériaux. Parmi les idées émises figurent la mise en place d’un taux de TVA réduit, l’instauration d’un dispositif de bonus-malus favorisant les matériaux bas carbone, ou le conditionnement d’aides publiques à l’emploi d’un certain taux de matériaux bio et géosourcés.
Reste désormais à voir les actions effectives de ce regroupement encore jeune, et qui pourraient donner un nouvel élan à toute la filière pour permettre de se développer un peu plus. Un bon point économique, mais aussi environnemental.