Une étude de l’Inserm publiée dans le magazine npj Urban Sustainability confirme l’importance de la végétalisation des villes. Pour cela, l’organisme a effectué son étude sur les différents arrondissements de Paris avec une conclusion : la réduction de la mortalité liée aux épisodes de canicule.
Publié le 26 mars 2026 par Estelle Guiton
Végétaliser pour réduire les risques humains
L’Inserm s’est penché sur les effets de la végétalisation dans les villes, en association avec l’Institut pour la santé mondiale de Barcelone (ISGlobal) et la London School of Hygiene & Tropical Medecine. Le résultat de l’étude a été publié dans la revue npj Urban Sustainability fin janvier 2026. L’organisme a pris Paris en ville témoin, recoupant des données recueillies sur près de 10 ans, entre 2008 et 2017.
La conclusion de l’étude est sans appel selon le communiqué publié par l’Inserm : « Les arrondissements les plus végétalisés présentent un risque plus faible de décès lors des épisodes de forte chaleur ». Ainsi, elle confirme le rôle clé de la végétalisation des espaces pour résister aux canicules dans les zones urbaines. Un impact avec un effet immédiat : la réduction attendue de la mortalité. En 2024 dans le monde, plus de 60 000 personnes sont décédées à la suite des phénomènes de canicule ; en France, le chiffre est de 2 450.
Des inégalités liées aux logements
L’effet favorable de la végétalisation dans les villes pour faire baisser la mortalité a déjà fait l’objet de plusieurs études. Mais cette fois, les résultats sont concrets, amenant un éclairage précis quartier par quartier. Le premier constat fait état d’une inégalité dans les arrondissements, sans aucun lien avec le caractère socio-démographique, bien au contraire.
Selon les résultats de l’enquête, l’âge et les caractéristiques des bâtiments jouent en effet un rôle dans la détermination des risques, en plus de la présence d’espaces verts. L’étude a notamment porté son analyse sur le 2e et le 13e arrondissements de Paris. Le premier compte de nombreux bâtis anciens, pas toujours bien isolés, et seulement 1,4 % d’espaces verts, le second a fait un effort de verdissement. Le résultat confirme que le quartier le plus aisé est aussi le plus vulnérable aux fortes chaleurs.
Des végétaux pas égaux pour réduire les températures estivales
L’autre élément de l’étude concerne la nature de la végétalisation et ses effets sur la baisse des températures en zone urbaine. Là encore, des différences importantes apparaissent. Ainsi, les arbres se révèlent être les plus efficaces, davantage que les espaces de pelouse. Plus de hauteur et donc de protection solaire sont les premiers motifs. Toutefois, chaque type de végétalisation a son impact.
En effet, si la diminution du nombre d’îlots de chaleur simplement par le fait de végétaliser est avérée, ce choix a également une autre incidence estimée sur la baisse de mortalité. Il entraîne la réduction de la pollution, mais aussi l’amélioration de la santé physique et mentale. Ces éléments nécessitent encore d’être étudiés, mais montrent déjà la portée plus large du retour de la nature en ville.